Messire Compère,
Vous
notifiez des points qui, s’ils ne sont pas tous pertinents, sont au moins à préciser. Je dois donc perdre du temps à compenser votre manque de rigueur pour éviter que les Esperiens ne croient en de fausses affirmations, alors que l’Etat, au tournant de mon élection, est plus que jamais investi pour rendre le quotidien de chacun agréable dans un pays bien géré. J’irai donc droit au but et point par point :
L'usage massif de la Compagnie Adaarionne au détriment des artisans locaux
Je suis heureux de voir que vous êtes volontaires pour mener, tambours battants, les chantiers à venir de l’îlot. Malheureusement, tout le monde n’est pas aussi volontaire, disponible ou apte physiquement que vous. Nous utilisons donc le trésor de la ville pour améliorer le quotidien des Esperiens sans leur demander une implication coûteuse d’efforts, que beaucoup ici apprécient pour avoir connu la lenteur des chantiers précédents.
Je m’étonne cependant du supposé détriment des artisans que vous invoquez puisque le Gouvernement vous a passé plusieurs commandes pour des sommes conséquentes, alors même que le port se construisait. N’est-ce pas la Compagnie qui, également, voulait acheter nos meubles ? Mais passons sans plus tarder à l’approximation suivante.
La diminution des soldes des gardes et le manque d'investissement dans la sécurité
Permettez-moi de vous préciser dans un premier temps : La garde coûte entre 600 et 900 pièces par mois hors matériel. Cela ne vous aura pas échappé que les impôts de l’îlot sont donc engloutis dans leur totalité, tandis qu’il nous reste à payer le dispensaire
dont les soins vitaux sont gratuits, les frais globaux des institutions et les chantiers, dont les privés peuvent être subventionnés par le Gouvernement. Ajoutez à cela le financement d’évènements ponctuels et d’expéditions, les achats de services et de plans, et vous voyez que les frais sont conséquents. Dans tous les cas, je vous fais confiance pour que vos
estimations soient aussi rigoureuses que le livre des comptes dont la tenue relève du réel et non de la supputation.
J’ai initié, par un courrier adressé au Capitaine de la Garde mais qui fut lu avant lui par les gardes, une proposition de baisse des dépenses au vu de la faible présence de la Garde. Ce n’est pas le Gouvernement qui investit peu en numéraire, l’argent ne fait pas tout. Preuve en est, les soldes actuelles sont hautes et pourtant la garde n’est pas présente en ville. Peu après ma lettre, une discussion a été engagée avec le Lieutenant, comme font les adultes travaillant dans un même but, et j’ai reconnu mon erreur. Nous ne modifierons pas les soldes et trouverons d’autres solutions pour rendre à la Garde son activité et son panache.
Je trouve vos approximations très dommageables à votre propos. Peut-être que votre salaire d’Amiral ne vous suffit pas ? Mais, êtes-vous directeur d’une banque, maître d’une guilde, amiral ou artisan ? Je vous rappelle que les membres du Gouvernement ne sont pas payés pour un travail à temps plein et que vous devriez faire preuve d’humilité. Lorsque la ville gagne de l’argent, le Bourgmestre ne le détourne pas dans sa propre escarcelle. J’imagine que de cela découle le point suivant :
Le manque de transparence du gouvernement dans la gestion du trésor du bourg
Je tiens à la disposition de chacun la possibilité de faire un point sur l’état du trésor. Parler de manque de transparence est une aberration, je ne vais pas ouvrir le livre sur la place publique pour satisfaire un manque de proactivité de votre part. Mais, pour la transparence, j’ai fait dépenser ces dernières semaines plus de 1000 pièces chez des
artisans locaux pour renouveler des réserves pour les besoins des esperiens. Le Gouvernement a également dépensé des sommes significatives pour des plans de l’îlot et du port
bien en dessous des prix du marché, car les architectes concernés n’étaient pas ivre de besoin de richesse.
Vous parlez en outre de l’inspection des dépenses réalisée par le Gouvernement. Quoi de plus normal ? La transparence n’est pas à sens unique et, dans le cas du Gouvernement, chaque dépense est consignée et utile.
Le prix déraisonnables des habitations et des commerces / La taxe naturellement majorée de 20% pour les résidents et commerçants du port / Des taxes d'habitation trop élevée
Malgré votre présence au dernier Concilium, vous avez omis la demande de la Sorcière. Pour rappel, celle-ci m’a sollicité pour réaliser une baisse d’impôts. J’ai immédiatement signifié mon accord et qu’elle serait faite à partir de l’imposition d’avril. Mais, au risque de vous décevoir, elle ne sera pas drastique. 25%, tout au plus, pour les raisons que vous avez déjà lues plus haut. La différence d'imposition au port, elle, a été explicitée de nombreuses fois par mon prédécesseur, mais vous n'avez jamais tendu l'oreille là encore. Pour me répéter, sachez qu'elle sera réduite.
Je ne m’attarde pas plus sur ce point que je considère comme une perte de temps pour moi et un gâchis d’encre pour vous.
L'exonération des impôts des bâtiments religieux
Je me permets de citer
votre question pour la mettre encore plus en évidence :
"Pourquoi des moines seraient-ils exemptés d'impôts alors que les aventuriers, les soldats et tous les Esperiens œuvrant véritablement et chaque jour à la grandeur du bourg ne le sont pas ?"
Qui êtes-vous pour juger nos hommes et nos femmes de foi ? Un moine n’œuvre-t-il pas, selon vous, au bien de notre cité ? Sachez qu’un soldat perçoit un salaire s’il est à la garde, tandis qu’un moine ne vit que par les dons de ses fidèles dans un bâtiment qui n’appartient pas à lui-même.
Pour aller dans votre sens, que diriez-vous de faire payer aux soignants l’usufruit du dispensaire ? J’imagine que vous comprendrez dans cet exemple le ridicule de la situation si le Gouvernement exigeait des paiements à lui-même.
Mais pour en revenir à ce qui nous intéresse, entrez donc dans la Commanderie ou la Maison de charité, vous n’aurez pas l’impression de luxe que vous semblez désirer : leurs bureaux sont étroits lorsque leurs cœurs sont grands. Insulter le Gouvernement avec des arguments au rabais n’est pas interdit, mais insulter la foi ne fait pas de vous un homme éclairé.
Les moines œuvrent pour nous sauver, nous instruire, nous guider. Ils sont la lumière qu’il vous manque.
J’espère que, en définitive, ces égarements seront profitables à tous. A l’avenir, Messire Compère, vous aurez le loisir de venir me voir directement plutôt que de vous complaire dans votre ridicule attaque perpétuel du système politique. Il ne vous veut aucun mal. Cela dit, les rares fois où je vous ai croisé, ce fut souvent pour parler de votre solde et non de problématiques plus essentielles. Pour ma part, je suis héritier d’un état dont la situation est stable mais précaire sur certains points. Des réformes sont à venir d’ici leur mise en forme pour fin mars, du reste je suis ouvert à ce que nous avancions ensemble et je m’assurerai qu’aucun esperien libre ne soit exclu des débats. Du reste, merci de ne plus déformer la vérité.
Sire Louvoy
Bourgmestre,
Chef du Gouvernement