La Confession selon un moine phalangiste
Le statut de cet écrit est public. Cela signifie qu'il est accessible à tout le monde mais que votre personnage doit l'avoir vu ou lu en RP pour que vous puissiez consulter cette page. Dans le cas contraire il s'agit de métagaming.
Cet écrit a été rédigé par un auteur inconnu et se trouve sur l'ancienne Esperia, inaccessible pour le moment.
Sommaire
La Confession selon un moine phalangiste
Avant-propos
La confession n’est pas un simple entretien visant à pardonner des erreurs de mal-arbitrage. Elle est avant tout une remise en question profonde de l’esprit.
Le confessé ne doit jamais avoir l’impression qu’il doit avouer pour être pardonné. Le rôle du moine est de lui faire comprendre qu’il *doit* être pardonné. De la même manière, le moine ne doit jamais exiger d’informations précises. Dans une cité aussi restreinte qu’Esperia, le confessé pourrait craindre de se mettre en péril en révélant des éléments trop personnels à un moine qu’il connaît, ou qu’il recroisera inévitablement.
La confession selon la doctrine phalangiste varie en fonction du rang social du confessé. Cet écrit expose ma vision de ces différences.
La confession de l’esclave
L’esclave, lorsqu’il se confesse, ne doit jamais se sentir d’égal à égal avec le moine. Pour cette raison, le moine doit engager la conversation le premier, et ce le plus rapidement possible.
Il doit adopter une posture investigatrice, voire inquisitrice, dès la première question. Le ton et le regard doivent être intenses, presque oppressants, afin d’installer un climat de tension. Les questions doivent s’enchaîner rapidement, quitte à être répétées. La première peut, par exemple, être : « Qui es-tu ? »
Les questions doivent être ouvertes et posées sans laisser de temps à la réflexion, afin que l’esclave réponde de manière instinctive. Cette phase vise à placer le confessé dans un état d’infériorité, voire de médiocrité totale. La répétition et la cadence des interrogations servent à renforcer cette atmosphère pesante.
Une fois cette étape accomplie, le moine doit brusquement détendre l’ambiance et alléger l’entretien. L’esclave, alors sous pression et inquiet, sera plus enclin à se confier sur ses fautes, ses crimes ou sur les sujets qui portent atteinte à son intégrité religieuse et sociale.
Les questions deviennent alors plus ciblées. Elles doivent permettre de comprendre progressivement la raison réelle de la confession. Le confessé ne doit pas s’expliquer de lui-même : le moine doit le pousser à se dévoiler.
Après analyse de l’esclave, le moine doit d’abord juger de son honnêteté, puis de sa bonne foi. Si l’esclave semble bien arbitré, le moine peut lui indiquer qu’Arbitrio veille sur lui et qu’il s’en assurera personnellement. Il devra toutefois lui rappeler qu’Arbitrio n’assiste et ne pardonne que les âmes véritablement fidèles.
Le moine indiquera alors les comportements, les actes et les réflexions à adopter pour s’attirer les bonnes grâces d’Arbitrio, parfois en lien direct avec des fautes récurrentes. L’esclave doit ressortir de la confession avec la certitude qu’il doit impérativement changer s’il est mal-arbitré, ou persévérer s’il est bien-arbitré, par crainte de l’autorité suprême du Créateur.
La confession de l’habitant
La confession de l’habitant repose sur les mêmes fondements que celle de l’esclave. Trois étapes doivent être respectées avec rigueur.
Tout d’abord, le confessé doit se sentir inférieur face au moine et à Arbitrio. Ensuite, un brusque changement de ton doit instaurer un climat de confiance et de soulagement. Enfin, les fautes ou les doutes de l’habitant doivent être analysés sous plusieurs angles, afin de déterminer s’il doit être puni ou instruit.
Contrairement à l’esclave, l’habitant doit être appelé par son prénom. Il ne doit pas ressentir de honte liée à sa condition. La difficulté de cette confession réside dans l’équilibre entre l’homme libre et fier, et le croyant humble et misérable.
Plus le confessé percevra le moine comme une entité supérieure, plus il sera disposé à recevoir le pardon et à écouter les enseignements nécessaires pour revenir dans le droit chemin ou raviver sa foi.
La confession du citoyen, du politicien et du commerçant
Le citoyen est, par nature, moins enclin à se livrer. Engagé dans une carrière politique ou économique, il hésitera à nommer précisément ses erreurs ou à fournir des détails compromettants.
La confession doit alors être fondée sur une confiance immédiate. Dès le début, le moine doit se positionner comme un ami. S’il n’est pas suffisamment à l’aise ou sociable pour être perçu ainsi, la confession sera vouée à l’échec.
Les questions doivent être personnelles et ciblées dès les premiers instants. Le moine doit pénétrer l’intimité de l’esprit du citoyen et comprendre sa véritable nature, sans jamais s’intéresser à son entourage. Seul l’esprit du confessé importe, quitte à aborder des sujets sensibles.
Si le citoyen se sent profondément touché — voire blessé — le moine aura réussi la première étape. Dans ce cas, il devra lui faire comprendre qu’il ne cherche ni à vexer ni à troubler, mais uniquement à comprendre.
La seconde étape consiste à s’intéresser sincèrement à la vie du citoyen, à compatir à ses souffrances et à chercher l’origine de ses fautes plutôt que de les condamner immédiatement. La difficulté réside, une fois encore, dans l’équilibre entre le rôle d’ami et celui de moine.
Lorsque la confession est jugée suffisante, le moine peut passer à la troisième étape : un discours plus moralisateur. Sans brusquer le citoyen, il doit lui faire comprendre la nature de ses actes et la nécessité de revenir sur le chemin du bon arbitrage.
Cette dernière phase est la plus aisée pour le moine. Elle repose sur des fondements doctrinaux qu’il maîtrise parfaitement et permet au citoyen de quitter l’entretien sans avoir l’impression de s’être inutilement mis en danger. Sa confession doit avoir eu un sens réel et bénéfique pour son âme.
