Le Coeur spirituel

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Cet écrit a été rédigé par Lothaire Vogt, et se trouve sur l'ancienne Esperia, inaccessible pour le moment.


Le cœur spirituel

Être Prae, ou moine-guerrier de l’Ordre phalangiste, implique des sentiments constants de justice, de courage, de bienveillance, de sincérité, d’honneur et de loyauté. Cette profession de foi constitue un travail permanent d’amélioration de soi et un combat quotidien contre les tentations.

Un seul pas de travers signifie l’échec, sans retour possible ni compromis. Tout manquement doit être avoué, d’abord à son supérieur, mais surtout à soi-même. La loyauté passe par l’honnêteté envers son seigneur et envers sa propre personne. De même, tout obstacle doit être surmonté, tôt ou tard, qu’il relève du dépassement physique ou spirituel.

Nul n’est tenu à l’impossible, sauf le Prae de l’Ordre phalangiste. Son cœur est spirituel, entièrement tourné vers Arbitrio, et l’impossible n’existe pas dans la spiritualité. Un Prae est celui qui avance. S’il cesse de progresser, il échoue et devient inutile.

La voie du Prae réside dans le Jugement. Lors d’une crise, lorsque les chances de survie sont égales à celles de faire face à son Jugement, le Prae choisit sans hésitation de se rendre au Créateur. Il n’y a là rien de difficile : il suffit de courage et d’action.

Faire un choix judicieux lorsque vivre ou mourir semblent d’égale probabilité est presque impossible. L’humain préfère naturellement vivre et trouve toujours de bonnes raisons de continuer. Mais celui qui choisit de vivre après avoir failli à sa mission encourt le mépris. Il devient lâche et raté. Ce déshonneur entraîne la mort spirituelle du Prae, bien plus grave que la mort temporelle, car elle lui ôte toute légitimité et le discrédite à jamais.

À l’inverse, celui qui choisit le Jugement ne sera jamais déshonoré, même s’il échoue dans sa mission.

Le Prae accompli se prépare à recevoir son Jugement matin et soir, et même tout au long de la journée. Lorsqu’un Prae est constamment prêt à mourir, il maîtrise la voie du Prae et peut consacrer sans relâche sa vie entière à son seigneur.

Réprimander et corriger autrui pour ses erreurs est un devoir essentiel. Cet acte, fondamentalement charitable, constitue la première obligation du Prae. Toutefois, il doit être accompli avec justesse.

Un Prae doit savoir autant réprimander que louer les mérites de ses proches. Lorsqu’il corrige, il agit avec calme et tempérance. Il n’élève jamais la voix comme un esclavagiste. Ses paroles sont toujours douces mais fermes. Il n’use pas de la force, et ses punitions sont toujours utiles et porteuses d’enseignement.

Un Prae doit anticiper les situations et les solutions possibles. C’est dans cette capacité que réside sa sagesse. Ainsi préparé, il saura faire face avec éclat lorsque l’épreuve se présentera.

Le Prae s’entraîne toute sa vie. Aux débuts, il se sait maladroit et perçoit les autres à son image. Il n’est alors d’aucune utilité au service de son Praefectus. À un stade intermédiaire, il demeure imparfait, mais prend conscience de ses lacunes et des imperfections d’autrui. Lorsqu’il atteint un niveau supérieur, il devient capable de prendre des initiatives et de décider en toute situation. Il gagne en assurance, se réjouit d’être utile à son seigneur et déplore les insuffisances des autres.

Au-delà encore, il existe ceux dont l’expression ne révèle jamais leurs pensées, qui n’exhibent jamais leur habileté, feignent l’ignorance et respectent sincèrement les compétences d’autrui. Mais au sommet se trouve un domaine qui dépasse l’habileté commune. Celui qui emprunte la voie du Prae doit comprendre que son entraînement sera sans limite et qu’il ne pourra jamais être satisfait de son œuvre.

Le Prae doit penser ainsi : « Aujourd’hui je suis meilleur qu’hier, demain je serai supérieur encore. »

Se retirer silencieusement lorsque le seigneur parle de vous, en bien ou en mal, est signe de perplexité. Un Prae doit toujours être prêt à fournir une réponse appropriée et être résolu d’avance. Lorsqu’une fonction lui est confiée, la joie ou la fierté ne doivent pas transparaître sur son visage, car cela est inconvenant. Même non exprimés, ces sentiments l’éloignent de son devoir de réserve et le font agir comme un novice.

Lorsqu’une réunion officielle est d’une grande gravité et qu’un sujet déplacé y est introduit, la froideur ou l’emportement ne sont pas une réponse juste. L’étiquette du Prae impose le calme et la bienveillance. Maltraiter autrui est une conduite indigne.

Il ne suffit pas de ne pas se laisser abattre par l’épreuve. Lorsque survient le malheur, le Prae doit s’en réjouir, car il lui offre l’occasion de mettre à l’épreuve son énergie et son courage. Un Prae doit toujours éviter de se plaindre, même dans la vie courante. Il doit veiller à ne jamais laisser échapper un mot révélant une faiblesse. Une remarque apparemment anodine trahit souvent la valeur de celui qui la prononce.

Un homme dont la réputation repose sur une unique habileté est insignifiant. En concentrant toute son énergie sur un seul domaine, il s’est privé d’investir les autres.

Sur le plan martial, il est plus méritoire de mourir pour son seigneur que d’abattre un ennemi. Concernant la justice sacrée, le Prae ne peut y recourir que pour la protection de l’Ordre, de la vie, et pour l’application de l’autorité. En dehors de ces cas, il privilégie la diplomatie dans la résolution des conflits.

Les jeunes Prae doivent être instruits dans les vertus martiales de manière à être convaincus d’être les plus braves guerriers d’Huratelon. Parallèlement, ils doivent évaluer quotidiennement leurs progrès et se défaire sans délai de leurs imperfections.

Chaque matin, avant toute activité, le Prae se purifie les mains et rend grâce à Arbitrio. Il veille à porter une tenue irréprochable, car la droiture de l’esprit se reflète dans la discipline du corps. Il se cultive autant qu’il s’entraîne. Il doit parler plusieurs langues, y compris celle des fleurs, savoir servir le thé avec élégance et discuter de science avec justesse.