Utilisateur:Esmeralda

De Wiki'speria
Aller à : navigation, rechercher

Informations de Base

Border2px.png



Vous consultez la fiche d'un personnage absent d'Esperia.

200?ext=.png

Informations RP
Nom Esmeralda Deussemail-icon.png
Sexe Femme
Année de naissance
Rang Esclave
Esclave de la famille
Quartier
Métier
Métier Cuisinier
Compléments
Origines
Ville d'origine Caroggia
Nation d'origine République Marchande de Caroggia
Informations HRP
Login Minecraft audrey98
Pseudo Esmeralda
Prénom IRL Audrey
Âge IRL 15 ans


Esmeralda Deusse

Description

Esmeralda,âgée de 24 ans, dégage en général une aura de joie de vivre malgré son passé plutôt douloureux, cachant derrière son sourire angélique une personnalité rude et capricieuse; si on la cherche, on la trouve, et pas toujours de façon très agréable. À force de compliments, la demoiselle est devenue prétentieuse, aussi, quand on la flatte, elle n'essaie pas de démentir les dires de son interlocuteur. Esmeralda est capable de passer un temps fou sur un banc à épier les conversations, car découvrir la personnalité des gens juste en écoutant leur façon de s'exprimer est un petit jeu qu'elle chérit et qu'elle considère comme un moyen de se protéger des profiteurs.
Elle croit dur comme fer à l'Arbitrio mais pense que c'est plutôt une affaire personnelle, c'est pour cela qu'on la voit rarement en train de prier au monastère ou en publique, elle préfère faire ça dans son intimité. Ce sont ses parents qui lui ont transmis cette manière de voir les choses. Wulgrin et Asseline Deusse sont des individus arrivant gentiment mais sûrement au crépuscule de leur vie et ça, ils en sont bien conscients. Avant de mettre Esmeralda au monde, ils donnèrent naissance à Euric Deusse, un frère désagréable aux yeux de la jeune fille, mais qui comptait énormément pour elle, même si cela ne se voyait pas, avant qu'il ne la vende comme esclave. Aujourd'hui, elle a plutôt pitié de lui, convaincue qu'il n'était que jaloux de sa perfection, comme elle se plaira à raconter.

Plutôt élancée, Esmeralda a une couleur de teint empreinte au soleil de Caroggia, dont elle est très fière. Ses longs cheveux blonds sont, quand ils ne sont pas emmêlés, ce qui est très rare, ondulés et chutent vers le bas de son dos. Deux mèches se démarquent, glissant par dessus ses épaules et retombant sur sa poitrine, sans doute les seules à pouvoir recevoir des soins plutôt régulièrement. Le visage de la jeune fille, de forme ovale, voit en général ses traits tirés par un sourire rayonnant de bonheur. Son large front est protégé du soleil par une frange glissée en général derrière son oreille, lorsque celle-ci ne retombe pas lourdement sur son œil droit. Ses prunelles, de couleur bleu azur, entourent un long nez en trompette criblé de tâches de rousseur, héritage d'Asseline, sa mère, qui était rousse. Vieilles solitaires de leur état, ses lèvres profitent de l'ombre que leur procure son nez. Elles sont néanmoins légèrement gercées et recouvrent un alignement de dents blanches. Cette tête est soutenue par un cou plutôt fin, marqué dans la nuque par un tatouage représentant une étoile, généralement caché sous sa masse de cheveux. Ses épaules étroites donnent naissance à deux longs bras, dont celui de droite a été mutilé dix fois, laissant alors une rangée de cicatrices parfaitement parallèles le recouvrir de tout son long. Sa fine taille forme une superbe courbe avant de d'engendrer une paire de jambes, dont les genoux sont habituellement écorchés. Pour se couvrir, Esmeralda est habillée d'une robe brune qu'elle s'était faite faire lors d'un voyage, qui s'use un peu trop rapidement à son goût, ce qu'elle trouve relativement dommage.

Compétences

  • Alphabétisation et Calcul. Alphabétisation et Calcul : Caroggia est commerciale, tout le monde le sait, et la jeune femme n'a pas pu passer à travers les filets de l'apprentissage des chiffres et des lettres. Elle a cependant plus de peine à écrire, bien qu'elle s'applique toujours un peu pour que ça fasse pas trop horrible à lire.
  • Créativité. Créativité : Ses multiples voyages lui ont permis de découvrir une certaine palette de recettes assez variées, ce qui l'a fortement inspirée dans la création de nouveaux petits plats. Elle peut facilement passer des soirées entières à expérimenter des repas insolites à l'aide des différents aliments que lui propose sa cuisine, même si les résultats peuvent se montrer assez étranges...
  • Œnologie. Œnologie : Grâce aux différents domaines viticoles de la belle Caroggia, Esmeralda a pu apprendre à apprécier les différents vins, qui sont naturellement son point fort... Elle a un peu plus de mal avec les autres alcools, bien qu'elle arrive quand même à différencier la bonne de la mauvaise qualité avec pas mal de facilité.
  • Minutie. Minutie : L'art de la mise en place d'un aliment dans une assiette est une vertu qu'Esmeralda connait à merveille ; un plat mal présenté n'est pas mangeable, d'après elle. C'est pour ça qu'à chaque service, elle se met dans la peau d'une véritable artiste afin de rendre son mets agréable à la vue, même si c'est parfois difficile.
  • Sens du goût. Sens du Goût : À force de voyager à travers l'Ancien-Monde à la recherche de saveurs insolites, Esmeralda a pris l'habitude d'estimer la qualité d'un aliment, dégoûtée par les offres de fournitures dégradantes qu'on peut lui faire. Ainsi, elle ne pourra s'associer qu'avec un pourvoyeur en qui elle a une grande confiance, même si elle aura toujours tendance à s'assurer de la qualité de ses produits.

Qualités

  • Ouverte d'esprit : Esmeralda est tolérante quant aux autres croyances et autres modes de pensée, pouvant alors apprécier un peu tout le monde à Esperia.
  • Sourire éternel : Étant toujours de bonne humeur, il est difficile, voire impossible de retirer le sourire des lèvres de la jeune femme.
  • Prête à aider : Voir quelqu'un dans la difficulté et le regarder se débrouiller seul est quelque chose qu'elle ne supporte pas. Même si ça n'est très souvent pas dans ses qualifications, Esmeralda essaie toujours d'aider les gens qui en ont besoin.

Défauts

  • Prétentieuse : Faire un compliment à la demoiselle revient, pour elle, à la même chose qu'énoncer des vérités générales. Elle se plait à raconter que son frère était jaloux de sa "perfection".
  • Oreille baladeuse : Il est fréquent de voir Esmeralda entrer dans un établissement juste pour écouter les conversations des gens, espérant pouvoir filtrer des ragots croustillants à se mettre sous la dent.
  • Hypocrite : Il arrive souvent à la femme de parler dans le dos des gens, même si ce qu'elle raconte peut parfois être dit que pour faire plaisir à son interlocuteur.

Intérêts culturels et goûts

La chose qui fait le plus rire Esmeralda, c'est bien les ivres qui racontent n'importe quoi lorsqu'ils sont au comptoir de la taverne. Leur rire seul peut parfois suffire à la rendre hilare, même si elle ne sait même pas ce qu'il y a de drôle...
Sous ses airs parfois un peu bruts, on peut, cependant bien rarement, trouver une personnalité émotive et sensible, à la merci des poèmes. En effet, la jeune femme s'émeut facilement si les vers sont bien écrits.
Son sujet de conversation favori c'est, bien évidemment, les ragots du jour. Échanger ce que l'on a vu ou entendu est quelque chose qu'elle adore, bien qu'elle mette toujours du temps à se trouver un compagnon de commérage.


Relations

Border2px.png


Compagnon

Personne.

Amis

Bwapa : Personne pour le peu étrange aux yeux de la Caroggiane, Bwapa a su montrer une part très accueillante de lui. Elle se plaît à rendre visite au soignant lorsqu'elle se blesse, car papoter avec lui lui change les idées, même si il peut avoir parfois des paroles bizarres et inattendues. Elle a découvert une facette très touchante de sa personnalité et espère que ses problèmes finiront par cesser. Elle a encore du mal à cerner le genre de sentiment qu'elle éprouve pour lui, mais pour le moment, elle préfère se laisser bercer par l'amour qu'il lui porte.



Lyre Ester : Rencontrée lors d'une histoire plutôt étonnante, Esmeralda s'était bien attachée à la jeune femme qu'était Lyre. Cependant, la relation que la Blondinette entretenait avec l'esclave de celle-ci ne lui plaisait guère, ce qui déclencha une dégradation de l'estime que portait Esmeralda pour sa petite cuisinière. Maintenant qu'elle travaille à ses côtés, elle apprécie à nouveau sa compagnie, se plaît à plaisanter avec elle et adore vanter les bienfaits de la purée Caroggiane. Elle la considère dès lors comme sa meilleure amie, celle avec qui elle partage des moments durs comme des moments de bonheur insouciant.



Morgann Telcontar : L'ayant rencontré par pur hasard devant le panneau d'affichage alors qu'il était tout seul, la jeune femme s'est sentie presque obligée d'aller vers lui pour lui tenir compagnie. De fil en aiguille, une amitié assez vacillante s'est tissée entre les deux êtres. Elle regrette cependant que le jeune homme se fasse ainsi manipuler par sa compagne et hésite à lui reparler.

Connaissances

Arthurius : C'est dans la rue, un tardif soir, que les deux personnes se sont rencontrés. Son excentricité et ses gamineries faisaient sourire Esmeralda, jusqu'à ce qu'une malencontreuse histoire ne vexe profondément la demoiselle. Il l'a cependant conviée à un ramassage de champignons et, depuis, elle l'identifie comme un personnage amusant, sur qui elle peut compter, tout en gardant une certaine distance. Il a cependant perdu la mémoire et elle a du mal à reconnaître l'homme qu'elle appréciait autrefois.



Jasson : Issu du même arrivage d'esclavage, Esmeralda a découvert en Jasson une personnalité qui lui plaît particulièrement, de part sa sincérité, sans doute. Elle l'évite, à présent, pour une raison qui ne la concerne qu'elle.



Rayley : Lors d'une discussion à la taverne, Esmeralda a pu découvrir la personnalité forte mais agréable de ce vieillard. Elle adhère complètement à sa vision du monde, bien qu'elle le trouve quand même un peu brut, et apprécie le rencontrer à nouveau dans la rue. Elle espère avoir à nouveau l'occasion de partager deux trois critiques avec lui.



Xavier Maltary : Les premiers points de vue d'Esmeralda sur l'individu étaient concis: il était tout le temps déprimé et très sec. En creusant un peu sa personnalité plutôt surprenante, la blondinette a su découvrir un homme tendre et fort sympathique, elle apprécie visiblement passer du temps en sa compagnie, même s'il raconte (très souvent) n'importe quoi. Elle sent cependant que quelque chose a changé dans le caractère de l'homme, qu'elle regarde entrer dans sa taverne d'un mauvais œil.


Personnes qu'elle préfère éviter

Lidiah : Manipulatrice, folle et jalouse, Esmeralda a une opinion très négative de la mercenaire qui court après Morgann. L'admirant d'abord, elle a fini par la mépriser à la suite d'une soirée forte en émotions; depuis, elle parle d'elle en très mauvais termes.



Platone Archer : Cet homme brusque et pressé a longtemps couru après la jeune femme, qui tentait à chaque fois de lui faire comprendre qu'elle ne ressentait aucun sentiment pour lui. Depuis, il prend un malin plaisir à menacer les amis d'Esmeralda, pris d'une jalousie qui fatigue la demoiselle.


Histoire

Border2px.png


Avant Esperia

Border2px.png


Paragraphe Libre

« Il est bon de parfois prendre du repos... » c'est ce que se répétait Esmeralda qui marchait irrégulièrement dans Caroggia en direction du port, baignée par la douce couleur du soleil couchant. Elle jetait des coups d'œil inquiets çà et là pour s'assurer de l'absence d'Euric, son frère, tout en accélérant légèrement la cadence. Le vent chaud caressait son visage mat tandis qu'elle rejoignait enfin les côtes, tirant son regard sur l'horizon de mer. Elle s'assit sur un siège et ne tarda à se faire rejoindre par un autre jeune homme, qui n'émit rien d'autre qu'un long soupire de fatigue. « Je ne pensais pas que tu réussirais aussi... » finit par avouer la demoiselle qui se remettait d'ailleurs sa masse de cheveux blonds emmêlés en place. Elle se tourna vers le garçon qui lui esquissa un bref sourire avant de déposer sa main contre sa joue. Il effleura sa peau du bout des doigts, volant un frisson à la belle qui détourna son regard azur pour le fixer sur la vaste étendue d'eau. « Et toi, je ne pensais pas que tu passerais les mailles du filet de protection de tes parents... -Ce n'était pas dur, les clients ont tout fait pour moi, mais je m'en veux de les avoir abandonnés en pleine affluence... Et puis, si Euric me trouve, je suis morte. » Ils soupirèrent en cœur avant de se coller l'un à l'autre, profitant des dernières chaleurs du jour en les compensant par celles de leur partenaire. Le temps filait grandement et le couple fut bientôt plongé dans la pénombre nocturne, ramenant Esmeralda à la dure réalité. Leurs lèvres se frôlèrent à peine quelques secondes et la femme était déjà loin, courant en légères foulées jusqu'à la taverne familiale. Elle entra discrètement, contrôlant qu'on ne l'aperçoive pas, jusqu'à ce qu'elle entre en collision avec un individu plutôt baraque; elle n'eut pas besoin de lever la tête pour comprendre qu'il s'agissait de son grand frère. Sans se faire prier, il l'attrapa par les cheveux et la tira dans la cuisine, pour ensuite la pousser dans la cave à vin. « Que vais-je faire de toi... » marmonna le garçon, tout en faisant rouler ses épaules, signe de son mécontentement. « Laisse-moi une dernière chance, Euric, je te jure de ne pas la gaspiller... » il leva bien haut la main et lui colla une claque mémorable à ses mots, fatigué de ce discours répétitif qu'elle lui servait à chaque fois. Les multiples caprices de sa petite soeur, la préférence que témoignait ses parents envers la cadette et son arrogance fatiguaient l'homme au plus haut point. Il était pris d'une jalousie intense pour la demoiselle qui le rendait violent et froid à chaque fois qu'il engageait la discussion avec elle. Il lui asséna un deuxième coup, dégoûté de son visage angélique. Poussant un petit cri de douleur, elle tenta de s'échapper, mais le garçon envoya un couteau dans la manche de sa robe pour la coincer au mur, et c'est à cet instant que lui vint une idée formidable... Il s'approcha de la femme en pleurs et retira l'arme d'un coup sec, observant avec amusement l'entaille qui ornait à présent la peau de son bras. « Je te laisse dix chances, que je marquerai à chaque fois comme celle-ci... Si tu épuises ta réserve, je me débarrasserai de toi pour de bon. » il rebaissa brusquement sa manche et la repoussa vers la sortie, laissant s'échapper un rire de fierté face à son génie. C'était un doux matin de Nivôse lorsque le deuxième marquage arriva. Elle était pourtant bien partie, cette journée. Comme à son habitude, Esmeralda se levait aux aurores pour aller voir ses commerçants favoris, après une bonne toilette.. Elle passa donc devant son miroir et démêla deux ou trois mèches, avant d'abandonner cette lourde tâche, puis de scruter son nez, rougi par la soirée arrosée de la veille. Plongée dans ses souvenirs, elle se rinça son visage avant de se relever et de se diriger vers sa garde-robe, d'où elle sortit une jolie robe brune, cadeau de sa meilleure amie couturière. Elle l'enfila rapidement, admirant avec quelle grâce elle pouvait souligner ses formes, et elle sortit pour se rendre au marché. Traversant les multiples étalages remplis de couleurs exotiques et variées, humant les odeurs de poissons, de fruits et légumes, de viandes fraîches et de pains chauds, elle se rendit tout au fond de la rue, devant une échoppe peu accueillante. Choix étrange, pour une demoiselle de bonne classe, mais elle entra sans attendre pour enfin découvrir l'intérieur tout autant sombre. Elle lisait rapidement les étiquettes et s'arrêta sur une qui l'amusa tout particulièrement: vomitif. Elle attrapa la fiole et s'élança vers le comptoir tenu par un vieil homme au regard plutôt étrange, qui lui réclama ses cinq pièces d'or. Un bien cher prix, mais la qualité de ses produits était indiscutable, aussi paya-t-elle sans trop rechigner. Elle glissa le contenant dans sa besace et retourna dans la zone plus sympathique. Elle acheta plusieurs types de poissons, s'arrêta à plusieurs étalages à la recherche d'ingrédients pour un gâteau, puis rentra en trottinant, son sac bien rempli. Elle alla en cuisine et jeta un coup d'œil à son frère, qui avait enfiler un tablier qui lui appartenait, habituellement. « Ça fait plaisir de voir que tu rejoins enfin l'affaire familiale. -C'est exceptionnel. » maugréa-t-il. Mauvais cuisinier de son état, il mettait la main à la pâte pour l'anniversaire de son cher père, Wulgrin, âgé de quarante-cinq ans. La jeune femme lui tendit les ingrédients tout en rangeant le reste des achats, toujours en surveillant la préparation du coin des yeux. Il fouettait la pâte lorsqu'il déclara fièrement : « J'vais allumer le four ! » il sortit rapidement pour se munir de bois, tandis que sa sœur se pencha par dessus la confection et laissa couler une bonne rasade de vomitif. Elle mélangea le tout pour faire croire à son frère, revenant déjà, qu'elle ne faisait que rendre le mets plus homogène et aéré. Le regarder enfourner le mélange lui décrocha un sourire, qu'elle effaça rapidement en voyant le regard d'Euric se poser sur elle. « J'ai hâte d'y goûter, en tout cas ! Il a l'air exquis ! -C'est ça arrête de te foutre de ma poire... -Mais non, c'est la vérité ! Franchement, tu devrais devenir pâtissier ! » rigolant intérieurement, elle aida son frère à ranger la cuisine, regardant le gâteau prendre peu à peu du volume. Le soir venu, la taverne était remplie d'invités en tout genre de Wolgrin et de sa femme Asseline, tous discutant de bon cœur. Alors que la soirée battait son plein, le fameux dessert fit son entrée, attirant le regard de tous. Esmeralda le poussait sur son chariot, mieux coiffée que jamais (car oui, il est rare de voir la demoiselle coiffée, elle qui préfère rester « sauvage »), arborant un sourire fier. « Mes chers amis, collègues d'un jour, de toute une vie, je vous remercie d'être venus. Aujourd'hui est un grand jour pour moi, je prends une année supplémentaire et je sens mon heure arrivée petit à petit... Je tenais à m'excuser auprès de ceux que j'ai trahi ne serait-ce qu'une fois, ceux à qui je dois quelque chose mais que je ne pourrai jamais rembourser et à tous ceux que j'ai pu énerver dans ma triste existence. Je rejoindrai bientôt l'Arbitrio, alors ce soir, profitons d'être réunis, probablement pour la dernière fois. Prenez tous de ce gâteau, c'est l'œuvre de mon fils aîné, qui s'est mis à la cuisine pour son vieux père alors qu'il déteste ça, habituellement ! Bon appétit à vous, mes frères. » tous accoururent vers le mets, recevant une fine tranche méticuleusement coupée par Esmeralda, qui regardait avec un malin plaisir les visages s'illuminer face au glaçage si fin réalisé par la petite famille. De les voir vomir, ça lui était bien égal, à la jeune femme, elle les détestait tous, ils étaient tous assoiffés de la fortune qu'avait récoltée son père, mais elle semblait être la seule à s'en rendre compte. Cependant, pour ne pas attirer les soupçons, elle dût en prendre une part, elle aussi... Elle la mangea rapidement, fermant les yeux pour ne pas montrer son dégoût, et crispa ses mains le long de ses hanches. En plus du léger goût amer du vomitif, le gâteau en lui-même avait une consistance affreuse; au moins, elle n'aurait pas gâché une œuvre gustative... Si ça se trouve, le poison qu'elle avait ajouté n'aurait même pas été nécessaire, tellement que le gâteau était ignoble, et elle ne semblait pas être la seule à le penser, vu les visages déconfits que les invités arboraient. Elle sortit sa montre de son décolleté et observa l'heure : plus que cinq misérables minutes et ils seraient tous pliés par terre à vomir leurs tripes. Elle commença à ranger lentement le plateau, sentant son ventre gargouiller violemment, et entama la vaisselle, ignorant du mieux qu'elle pouvait les douleurs d'estomac dont elle était victime. Voir les invités placer leurs mains par dessus leur pauvre ventre maltraité lui rendit vaguement le sourire, bien que les maux lui ramenèrent rapidement les pieds sur terre. Elle attrapa un sceau à récurer et se mit à vomir dedans, écoutant d'une oreille indiscrète la symphonie de toux qui s'était enclenchée dans la salle. Alors qu'elle se relevait difficilement, s'essuyant la bouche à l'aide d'un mouchoir, elle se fit plaquer au mur par son frère, fou de rage. « Pourquoi tu m'as fait ça, petite conne ?! Pourquoi t'as pris des ingrédients pourris ! » munit d'un couteau, sans qu'elle ne puisse rien faire, il lui trancha violemment le bras, un peu plus bas que sa première cicatrice bien hideuse, la relâchant brusquement pour ensuite lui décrocher un bon coup de pied dans le ventre, qui lui fit cracher un peu de sang. S'il savait que ce n'était pas les aliments, elle serait sans doute morte... Elle passa sa main sur son bras sanguinolent et soupira longuement... « Plus que huit chances. » aboya-t-il avant de partir, balai à récurer sur l'épaule.

Paragraphe dans la Taverne

« Trois verres de vin par là-bas ! » Esmeralda chantonnait tout en servant les différentes commandes qu'on lui faisait. Elle jetait des coups d'œil à travers la salle, observant avec un fin sourire le jeune homme du fond. Elle le scrutait avec intérêt, non pas parce qu'il lui rinçait la vue, juste parce qu'il portait une réputation fort intéressante pour une femme comme elle, adorant créer des ragots idiots partout où elle le pouvait. Les gens pensaient que cet homme en question avait des attirances pour le peu étranges, ayant une préférence pour les hommes, et elle qui détestait son frère, ça pourrait bien l'amuser. Elle déposa les verres sur son plateau et se déplaça à bonne vitesse à travers la taverne plus ou moins bondée. Elle donna les verres respectifs à quelques commerçants Carrogians, à qui elle offrit son plus beau sourire, pour ensuite se diriger vers le fameux objet de ses convoitises. « Qu'est-ce que je peux te servir ? -Une bière blonde, s'il vous plaît... » il semblait déprimé, parfait pour elle. Elle se pencha un peu vers lui, faisant mine de contrôler qu'on ne les écoutait pas, puis glissa à son oreille : « T'sais, y'a quelqu'un ici qui te trouve très charmant... Ouvre tes yeux, tu ne seras pas déçu... » elle se releva, tout sourire, et retourna à son comptoir, remarquant le regard ahuri de l'homme. Elle lui servit sa bière, non sans ajouter quelques gouttes de rhum, et alla la ramener à sa proie. « Dites, qui est cette personne qui ose trouver que j'ai du charme ? -Ah, je lui ai promis de ne rien dire, mais elle aime beaucoup se tenir près du comptoir... » c'est à cet instant qu'Euric entra dans la taverne, jeta un coup d'œil insistant vers sa sœur avant de se poster au comptoir, cet imbécile jouait bien son rôle... « Allez, j'ai un nouveau client, héhé, regarde bien... » elle s'en retourna au comptoir, glissa sur la pointe des pieds pour s'adresser à son frère et lança quelques fois des regards inquiets à la victime de ses ragots. « Hey, grand frère... J'crois qu'il y a l'heureux compagnon de Caroggia qui t'aime bien... -Quoi ?! Tu veux dire que... Lui, s'imagine que moi.. ? -Ahein, il m'a posé pleins de questions sur toi, ce que tu aimais, si tu avais une fiancée... -Esmeralda, je te jure que si c'est une blague, tu vas te prendre deux marques... » la demoiselle glissa sa main le long de son bras, comptant dans sa tête les différentes cicatrices qui l'ornaient à présent. Un, deux... La troisième ici, la quatrième là... Cinq, six, sept... Déjà sept... « Suis-je vraiment du genre à faire ce genre de blagues ? Tu me connais mal, décidément... » la tentation avait pris le dessus, même s'il ne lui resterait qu'une chance, ce serait bien trop drôle de voir leur tête après une conversation... Et puis, qui sait, elle avait déjà réussi à créer plusieurs couples à l'aide de cette technique, peut-être que le célibat de son frère n'était dû qu'à une hésitation sur ses véritables attirances.. ? Elle en rigolait rien que d'y penser, nettoyant une à une les différentes chopes que lui ramenait sa mère, aussi en service. Elle glissa à travers la salle pour retourner vers son cher divertissement du jour, déposant un nouveau verre devant lui. « Cadeau de ton amour secret... -Dites-moi qui c'est, par pitié... -La personne en question a un peu honte de ses sentiments, c'est à elle de te l'annoncer, pas à moi ! Mais regarde un peu, qui est au comptoir depuis son arrivée, mh ? » il regarda les différentes personnes qui s'étaient agglutinées devant le bar et secoua la tête à chacune d'elle, jusqu'à s'arrêter sur Euric, qui les regardait justement, et détourna vivement son regard en croisant celui de l'autre homme. « Ne me dites pas que... Que c'est le baraque forgeron.. ! -Héhéhé, je sais pas moi ! » elle s'en alla d'une démarche légère, heureuse d'avoir enfin réussi à semer le trouble ; à ce stade, les choses allaient très vite, l'un allait vers l'autre, ils discutaient longuement et pouf, c'est l'amour qui les frappait... Encore fallait-il que l'amour arrive à frapper Euric, ce qui n'était pas mission facile, vu la dureté du cœur du frère... Elle ne baissa pas les bras et tapota la main de son frère, lui lançant un regard grave... « Il est dingue de toi... Oh mon Euric, tu ne peux pas le blesser, pas vrai ? Le pauvre... -Arbitrio me garde, cet homme est une erreur de la nature ! S'il vient me parler, je sens que je le frappe... -Mais... Ce n'est pas sa faute ! C'est comme ça qu'Arbitrio l'a fait, tu dois l'accepter comme il est... Et puis, si ça se trouve, tu es pareil que lui... » il attrapa sa sœur à la gorge, resserrant sa main pour lui couper le souffle, et grogna tout en rétorquant, le regard noir : « Ne sous-entends plus jamais que j'aime les hommes, ou je te coupe ton deuxième bras ! » il la relâcha et sortit de la taverne, sans doute prendre l'air, et ne tarda à se faire rejoindre par le joujou d'Esmeralda, qui était bien fière de son coup, persuadée que ça finirait bien. Euric ne tarda à rentrer, attrapant la demoiselle par le col et la tirant dehors, où se trouvait le jeune homme, nez en sang. Il la poussa par terre et sortit son éternel couteau, le tendant au blessé, qui le prit et ajouta une entaille sans pitié sous les autres, avant que son frère ne fasse de même, ce qui arracha deux cris stridents à la femme, retenant du mieux qu'elle pouvait le sang qui dégoulinait à gros flot. « Plus qu'une Esmeralda, plus qu'une... Si tu continues comme ça, demain tu seras loin, très loin... » il la gifla une ultime fois avant de rentrer, ignorant ses pleurs incessants. « Plus qu'une... » ces deux mots résonnaient sans cesse dans la tête de la jeune femme, ne sachant ce qui allait advenir d'elle... Avait-il déjà prévu sa fin ? La tuer, la vendre ? Toute seule dans la taverne, elle faisait tourner son vin dans le verre, observant le liquide violacé battre les parois irrégulièrement. Qu'allait-elle devenir ? Perdrait-elle tout ce qu'elle possède, y compris la vie ? Elle but une bonne gorgée et regarda son reflet dans l'alcool, admirant ses yeux rougis de larmes en silence. Elle jeta ensuite un bref coup d'œil à ses deux croûtes et aux sept cicatrices qui les précédaient, plus que la cicatrice du poignet et elle serait loin, plus qu'une... Elle se releva brusquement et sortit en courant, utilisant toute la longueur de ses fines jambes pour foncer à travers les rues de Caroggia. « Phil... Je dois le voir.. ! » elle pleurait à chaudes larmes, arrivant gentiment mais sûrement dans les quartiers les plus pauvres de la ville et s'enfonça dans une ruelle sombre. Elle souleva sa main et frappa contre la porte du fond, ne tardant à se faire ouvrir par une vieille femme, qui la fit entrer en hâte. Elle l'invita à s'asseoir dans le canapé plutôt mal en point et lui apporta une tasse d'eau chaude plutôt trouble, avant de ramener un jeune garçon, qui l'observa pendant plusieurs minutes en silence, posant son regard inquiet sur son bras recouvert de cicatrices. Il s'assit à ses côtés et fit glisser ses doigts le long de toutes les marques, avant de demander tristement : « Qu'est-ce que c'est.. ? -Mes bêtises... La première, c'est ma fugue pour te voir... La deuxième, c'est parce que j'ai empoisonné toute une assemblée avec du vomitif... J'ai volé une dague dans la forge de mon frère, je l'ai menacé avec... J'ai essayé de le droguer pour lui faire oublier une connerie, qui était de l'insulter... J'ai causé une bagarre de taverne et j'ai voulu lui inventer une histoire d'amour... -Ça ne fait que huit, pourquoi as-tu neuf blessures ? -Son histoire d'amour, j'ai touché deux personnes, donc j'ai eu la double correction... » il la serra contre lui, caressant doucement sa tête, se voulant réconfortant. « La prochaine... Il se débarrassera de moi... -Au moins, tu seras protégée de cet abruti. -Mais... Je serai sans doute loin de toi... » elle se blottit dans ses bras, humant la délicate odeur qui s'échappait de lui, pleurant doucement, effrayée. Il la serra davantage, ne sachant que répondre, et se contenta de chantonner un vieil air qui avait bercé leur enfance commune. « Esmeralda, je t'aime... Je ne sais où il t'emmènera, mais je finirai par te retrouver, peu importe les moyens... Je te retrouverai, et on sera heureux, sans Euric pour nous dire quoi faire... -Phil... Je ne sais pas moi-même où j'irai... On ne se retrouvera peut-être jamais... » il la tira par la main, la menant à travers plusieurs escaliers, jusqu'à arriver au dernier étage, où se trouvait une fenêtre. Il lui montra une étoile qui brillait plus que les autres et embrassa délicatement son cou. « Alors, on regardera cette étoile et ce sera comme si on était l'un près de l'autre, et on lui parlera, à cette étoile, elle fera notre intermédiaire, on s'entendra, tu verras... » il la fit s'asseoir et déposa un morceau de glace contre la chair de sa nuque, caressant doucement sa joue. Il se munit d'une aiguille, qu'il stérilisa à l'aide de la flamme d'une torche et qu'il plongea dans de l'encre. « Je te l'avais promis, pour que tu te souviennes de moi où que tu sois... » il retira le reste de glace et se mit à la tâche de lui tatouer une petite étoile dans la nuque, une étoile similaire à celle qui brillait dans le ciel nocturne...

Paragraphe du Départ

Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis la dernière cicatrice, Esmeralda se tenait à carreaux du mieux qu'elle pouvait, bien qu'il lui était difficile de supporter ça... Les différentes marques de violence de son frère avaient disparu, après l'avoir fait souffrir infiniment, pour laisser le teint foncé de la demoiselle reprendre le dessus. Ses parents ne l'avaient pas réalisé et s'en fichaient, visiblement, de voir des hématomes apparaître et disparaître de temps à autre... Le savaient-ils, dans leur inconscient ? Ne voulaient-ils pas ouvrir les yeux et la sauver.. ? Elle ne supportait plus cette situation et tenter de retrouver Phil lui garantirait la mort, ou autre chose... De plus, elle se devait de cacher en permanence la petite étoile dans sa nuque, car si son frère la trouvait, il comprendrait, c'est à n'en pas douter. Elle se leva, tel un fantôme, et se dirigea vers le port, comme elle aimait tant, afin de scruter la mer et le soleil se coucher par delà l'inexplorable. Certains marins racontaient que, de l'autre côté de la mer, on trouvait une autre île avec une ville en expansion nommée Esperia... Beaucoup en parlaient comme une ville de fous, et ça, ça plaisait à la donzelle. De nombreux convois d'esclaves y seraient envoyés, est-ce que c'était le futur qu'avait prévu Euric pour elle ? Elle chassa ses idées sombres de son esprit tout en plongeant ses longues jambes dans l'eau chaude de la mer, observant les remous lui battre les mollets au rythme du vent. Elle pencha sa tête en arrière, la laissant prendre les derniers rayons du soleil, avant de même s'allonger dans le sable, regardant le ciel orangé partir dans des dégradés flamboyants, se transformant petit à petit en un violet sombre où pointaient déjà quelques étoiles. Elle prit une poignée de sable dans ses mains et le laissa glisser entre ses doigts, le regardant voler un peu plus loin. « Libres... » elle soupira longuement avant de se relever lourdement, laissant une bise en direction de l'horizon. « Esperia, me rendras-tu libre ? » elle sécha du mieux qu'elle put ses jambes avant de rentrer, avant que la nuit ne soit complètement tombée. Tombant sur une chaise devant sa fenêtre, la demoiselle observa le ciel étoilé avec langueur. Elle s'arrêta sur une étoile en particulier, murmura le prénom de Phil et glissa sa main sur sa nuque, dégageant ses cheveux pour les chasser par dessus son épaule. Elle commença à pleurer légèrement en caressant son bras marqué, ne pouvant alors entendre que quelqu'un était entré dans la pièce et s'approchait d'elle. Euric s'avançait, l'air soudainement désolé... « Esmeralda, je... » il déposa sa main sur son épaule, juste à côté du tatouage, sans pour autant le remarquer. « Je ne voulais pas... -On dirait que ça t'amuse, pourtant... Je suis si faible, et toi si fort, que ça doit être drôle de t'en prendre à moi... -Esme... -La ferme, tu me fatigues... Laisse-moi seule... » il est vrai qu'elle prenait légèrement plaisir à le faire tourner en bourrique, à cet instant, mais voir son frère s'en vouloir avait quelque chose de jouissif pour elle... Il retira lentement sa main, découvrant le dessin marquant sa nuque... « Qu'est-ce que... C'est quoi ça ?! » la demoiselle se gela d'un coup, réalisant qu'il l'avait trouvée, l'étoile, le cadeau de Phil. « C'est pas ce que tu crois, c'est une fillette qui m'a dessiné ça avec un... Un bout de charbon.. ! » il tenta de le nettoyer, en vain, y allant presque jusqu'à lui arracher la peau, ignorant ses implorations. « C'est l'autre merdeux qui te l'a fait, avoue ! -Non, ce... Ce n'est pas Phil.. ! -Et tu me mens, en plus ? » il sortit son couteau, arrachant un cri d'horreur à la jeune fille, à laquelle il trancha le poignet sans ménagement, laissant un flot de sang dégouliner le long de sa main pour goutter sur le tapis qui protégeait le sol de la pièce. Oh oui, si une chose le rendait encore plus fou que sa sœur elle-même, c'était bien sa relation avec Phil... Cet homme, de basse réputation, avait des problèmes d'argents et de justice, ce qui le rendait tout à fait détestable aux yeux d'Euric, qui faisait tout pour détruire leur relation. Il la prit alors par les cheveux et la tira, l'enfermant dans la cave, sans boisson ni nourriture, juste en compagnie des rongeurs. Dix cicatrices, elle les avait toutes gaspillées, il allait se débarrasser d'elle... Secouée de tremblements, à cause de la douleur, du froid et de la peur, Esmeralda se recroquevilla dans le coin de la pièce, implorant l'Arbitrio de la sortir de ces malheurs... Plusieurs heures, jours peut-être, s'écoulèrent alors qu'elle était enfermée dans le froid, observant sa blessure s'infecter petit à petit, se balançant au tempo d'une musique qu'elle s'inventait petit à petit... Elle la chantonnait en boucle, d'une voix de plus en plus faible, avant que la porte ne finisse par s'ouvrir, laissant passer Euric accompagné de cinq hommes ayant l'air pas très futés. Ils observèrent ce qui restait de la jeune femme avant de tendre une bourse de pièces à son frère, s'approchant ensuite de leur proie. Ils la soulevèrent et le plus fort au premier coup d'œil la jeta sur son épaule pour quitter la pièce avec. Il la largua tel un sac de cargaisons dans un vieux chariot, non sans l'avoir saucissonnée auparavant, pour ensuite prendre les rênes et fouetter les chevaux vers la descente. Esmeralda devina sans peine qu'ils se dirigeaient vers le port, mais le soleil, lui brûlant les yeux, l'empêcha de s'en assurer... Elle ne put s'interdire d'écouter les quelques commentaires des passants, allant du mépris à la compassion, eux sachant très bien quel sort était réservé à la jeune femme. Le bruit des vagues fouettant la berge se faisant de plus en plus proche, elle comprit que son intuition avait été juste, et elle se détendit légèrement, réussissant alors à ouvrir les yeux. Ils se trouvaient à présent à côté du port, près d'un bateau paré au départ, et le musclé vint la sortir de sa carriole. Il l'amena à un homme pas plus commode que son nouvel entourage qui la scruta de long en large. « Bon état mental ? » commença l'individu « On a pas contrôlé, mais son frère assure que oui. » répondit le baraqué. « Elle sait faire quoi ? -C'tait une cuisinière m'sieur ! » répondit ce qui semblait être un écumeur, mais qui était à contre jour, ce qui empêcha Esmeralda d'en être sûre. « Bon, j'la prends, mais vous avez intérêt à ce qu'elle tienne le voyage, sinon, couiiiic ! » les ravisseurs déglutirent tous en cœur, avant que l'un d'entre eux, le plus jeune, à en écouter sa voix, fit son petit curieux. « Où finira-t-elle ? -Mh, à Fort Lointain d'abord, puis sans doute à Esperia... -Esperia, sur le nouveau continent.. ? -C'est ça, j'espère qu'elle s'en remettra... » il la poussa sur le bateau et la fit glisser dans la cale, où elle dût s'installer à côté de bien d'autres personnes bien plus crasseuses qu'elle, ce qui lui remonta vaguement le moral... Ainsi donc, elle partait pour Esperia... Espérons que son bateau ne coulera pas...

À Esperia

Border2px.png

Premier jour à Esperia

Après son long trajet sur le navire de Gwylonna, Esmeralda s'est vue vendre à Louis Lindén pour la modique somme de 50Eo.