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Vous consultez la fiche d'un personnage reparti dans l'ancien monde.

Sergueitov Ivanovitch

Informations RP
Nom Sergueitov Ivanovitchmail-icon.png
Sexe Homme
Année de naissance
Rang Noble
Famille Ivanovitch
Quartier Rivelame
Rang Politique Souverain
Bâtiments Esperia
Le Magnanime
Manoir Lunaire
Métier
Métier Architecte Officiel d'Esperia
Compléments
Fonction Professeur
Origines
Ville d'origine Odense
Région d'origine Steiertal
Nation d'origine Grande Huratelon
Informations HRP
Login Minecraft Sergueitov
Pseudo Sergueitov
Prénom IRL Gaétan
Âge IRL 23
Informations Diverses
La nuit, je suis Flatman.


Il va de soit que les informations sur cette fiche ne sont pas connues par votre personnage, sauf si vous avez eu l'occasion de les connaître IG et de façon RP.



Ser2.png
  • Nom complet: Sergei Ivanovitch Ienotov
  • Nom courant : Sergueitov Ivanovitch
  • Âge : 78 ans
  • Date de naissance : Le 7 décembre 436.
  • Taille : 1 m 69
  • Masse : 61 kilos
  • Nation : Grande Huratelon
  • Région d'origine : Steiertal
  • Ville d'origine : Odense
  • Religion : Confession Phalangiste, ancien membre du Conseil des sages d'Odense
  • Arrivée en Esperia : Le 14 janvier 514.
  • Rang Social : Noble


Description

Description physique

Sergueitov à 77 ans, il sait lire et écrire. Physiquement c'est un vieillard dégarni avec une barbe hirsute, sa barbe n'est pas particulièrement longue mais fournie. Il mesure 1 m 69 et fait 61 kilos. Il n'est pas particulièrement portant.
Il est souvent courbé et est suffisamment ridé pour justifier son âge.
Il ne se déplace jamais sans sa canne, et se déplace bien plus lentement que la normale.

Description morale

Sage de par son grand âge et son expérience face au temps lui même, il est d'une grande patience, sauf avec les idiots. Il n'a jamais été attaché à l'argent, si ce n'est pour vivre simplement mais sans entraves budgétaires, il n'est pas rare qu'il investisse sans compter pour des projets auquel il croit. De part son appartenance à l’Ordre phalangiste, Sergueitov est très religieux, malgré son amour incompris par ses confères pour la science, il confère une très grande place au culte d'Arbitrio dans ses constructions.
Il est particulièrement protecteur avec son entourage proche, que ça soit avec sa fille, sa femme ou avec son ancienne famille.


Aptitudes

Arbre généalogique

GenIenotov.png


Bref historique des points marquants

Dessin au fusain réalisé par Allen.


  • Sa vie d'esclave se termine le 29/01/514 par son maître, Ser Thorgan Ahrondor
  • Sa vie d'habitant se termine le 17/03/514, déclaré Citoyen par le Roy Bill Moscaw
  • Dissolution des Erenthys le 30/03/514 d'un commun accord avec ses anciennes maîtresses
  • Fondation des Raev le 31/03/514, pose les premières briques d'un grand projet en compagnie des deux dames Kenesha Silmäpyhä et Illina Signaro.
  • Sa vie de citoyen se termine le 29/06/514, déclaré Noble par la Souveraine Illina Signaro
  • Dissolution la maisonnée Raev le 15/10/514, après près de 7 mois d'existence.
  • Création la maisonnée Ivanovitch le 9/11/514, avec sa femme et sa fille.
  • Fermeture de La Clef de Voûte le 17/02/515, après presque un an d'existence et une centaine de plans à son actif..
  • Son amie et reine, Illina Signaro décède en couche le 19/03/515.
  • Devient souverain d'Esperia le 26/03/515. Débouche une bouteille de Kauniskaste de Laaksot cuvée Urili an 426 avec Rebecca Ivanovitch et Felip Castallo pour fêter l'occasion.
  • Depart d'Esperia sur Le Magnanime en compagnie de Rebecca Ivanovitch en avril, de peur pour la vie de cette dernière.


Dessin au fusain réalisé par Liam, de gauche à droite : Dame Illina Signaro Raev, Professeur Sergueitov Invanovitch Raev et Dame Kenesha Ahrondor Raev.


Relations

Famille

Sergueitov & Rebecca.png
Giulia & Sergueitov.png


Rebecca Ivanovitch


Giulia Giudizio

Possessions

Habitations

Après avoir rénové l'ilot brûlé de l’Espérance pour accueillir sa famille, il déménage dans une bâtisse humble mais confortable, "La Vieille Brique".
Situé proche du théâtre à Adobe, il habitait au Manoir Vermeil, fief de la maisonnée dont il était l'un des trois tribuns, il y résidait avec les deux autres dames fondatrices, Dame Illina Signaro et Dame Kenesha Silmäpyhä.
Puis installé avec sa dame, il habitait brièvement au Manoir Écarlate, l'ancien Manoir Moscaw qu'il avait fait construire pour l'ancien souverain d'Esperia, reparti dans l'ancien monde. Finalement, après un départ inattendu et un cadeau tout aussi inattendu, il part habiter au Manoir Lunaire avec sa femme.


Le futur d’adobe, par Djafar, Chef d’œuvre d'Architecture de Sergueitov.

Commerces

La Clef de Voûte

La Clef de Voûte, anciennement située à Rivelame, aura sans douté été sa plus grande réussite sur Esperia, après 96 plans de construction, aménagements, rénovations d'événements et de navires construits pendant un an. C'est sa fierté sur Esperia, son outil de réussite.

Il possédait autrefois Le Grimoire Écarlate, cédé à sa femme, le rubis ardent, cédé à sa fille, ainsi que le Grenat Chatoyant, détruit pour laissé place à l'ilot de l'artisanat d'Adobe.

Sergueitov est un homme qui aime investir dans les artisans prometteurs, il est toujours à la recherche de commerces à acheter.

Objets

CanneSergueitov.png

La canne-épée de Sergueitov a été fabriqué de l'union de trois artisans renommé dans Esperia, le maître forgeron, Ser Gharlok, le maître artisan du bois, messer Daviel et l’ingénieur, messer Jean.
C'est une canne au manche droit, composée d'un bois inconnu de très bonne qualité, verni, lisse et agréable au toucher, le pommeau quant à lui est ouvragé et marqué d'une tête de renard emprisonnée dans une clef de voûte.
La lame à l'intérieur est une belle lame très fine d'environ 70 centimètres, poinçonnée discrètement d'un G.
Il y a un mécanisme, via une goupille discrète sur le pommeau, qui permet de détendre brusquement un ressort de 70cm de long et de 3 centimètres de diamètre pour faire sortir la lame par le bout de la canne.
Il ne se sépare jamais de celle ci, où qu'il aille, nécessaire pour qu'il puisse se déplacer sans mal.

Binocles.jpg

Rangé dans un petit étuis en cuir de fovomastodonte, tapissé de velours rouge à l’intérieur. Offert par Dame Kenesha Silmäpyhä, ces binocles sont constituées d'une solide monture en or et deux deux lentilles bien rondes de deux millimètres d'épaisseur et de trois centimètres de diamètre.
Fabriquées conjointement par la dame verrière Dame Eryka Deglass et le messer joaillier Jake "Atlas" Heland. Celles ci ne sont jamais que deux loupes permettant d'aider un peu Sergueitov dans la vie de tout les jours.

MontreGoussetserg.png


Une superbe montre à gousset fabriquée conjointement par sa fille, Giulia Giudizio ainsi que l'ingénieur Alyx Declerc.
Elle est particulière du fait qu'on peut voir les rouages et les mécanismes directement à la surface, elle est bien travaillée et présente pas mal de fioritures.
C'est une montre à gousset en cuivre avec des rouages apparents. Le clapet est avec de belles gravures et une chainette d'accroche. Elle est offerte comme cadeau de mariage par son épouse, Rebecca Ivanovitch.
Il la porte constamment sur lui, souvent accrochée par une chaine en or à son veston.

FlasqueSerg.png



Une flasque en argent massif, fabriquée par la souveraine Illina Signaro, offert par sa femme, Rebecca Ivanovitch, pour leurs 6 mois ensemble.
Ciselée de dragons d'Esperia. Elle est opaque et rectangulaire et elle peut contenir environ 20cl de liquide au choix.
Sergueitov la transporte tout le temps avec lui, souvent remplie d'un liquide inconnu, trop souvent alcoolisé.


Perruqueserg.png


Une perruque fabriquée par la barbière Kalysse Lei Jarjestys en commande pour une tenue de banquier.
Cependant il la porte dans certaines occasions même en dehors de ses heures à la banque, sauf à son manoir pour des raisons obscures.
C'est une perruque de notable Capitalin, blanc cassé, elle est soyeuse.


Crownserg.png

La couronne de Sergueitov est la troisième sur Esperia dans le genre, elle a été crée par le maître artisan joailler Silnoë commandée par son épouse.

Cette couronne est très austère malgré sa grande qualité, en tant que Hura, Sergueitov refuse de porter quelque chose d'ostentatoire, il la porte plus en tant que symbole qu'autre chose.
Cercle en or. 2cm de diamètre. "Sergei Ivanovitch Ienotov" avec de jolis reflets. Signé "Silnoë" en qualité maître.

Métier & Fonctions

Ivanovitchv2.png

Sergueitov est un véritable bourreau de travail, on l'entend souvent dire qu'il ne quittera sortira de son bureau que quand les plans seront terminés, ce qui lui à déjà causé, par le passé, quelques soucis de santé.
Le vieil érudit gagne sa licence d'Architecte Officiel d'Esperia après de nombreux plans sur Adobe et Rivelame, il est très fier de ce titre, donnant une certaine reconnaissance à ses travaux.
Le vieil homme est aussi professeur à l'académie, il y enseigne les matières scientifique et ainsi que l'art de l'architecture.
L'ancien Roi Bill Moscaw le nomme conseiller à l'Urbanisation, une fonction que Sergueitov s'est juré de remplir avec rigueur.
Il finit, aisé par les chiffres, par devenir Conseiller à l’Économie, avec son confrère le messer Daviel, nommé par la Souveraine Illina Signaro, veillant à ce que le royaume prospère sans peine, cumulant les deux postes.
Semble prendre tout doucement sa retraite du monde de l'architecture, terminant ses différents projets sans prendre commande de nouveaux, profitant de sa librairie pour s'adonner à l'écriture.
Il devient récemment banquier à la Banque d'Esperia où il travaille avec son nouveau confrère, Sire Guglielmo Gualtieri.
Toujours en admiration devant l'architecture, il décide d'apprendre la peinture pour pouvoir reproduire de façon plus artistique ses plans et d'améliorer la qualité de ses services. Il abandonne ses fonctions à l'urbanisme et à l'économie après respectivement 11 mois et 9 mois de service, au profit du poste de Grand Intendant du gouvernement. Abandonne toutes ses fonctions à la banque et ne travaille presque pour se concentrer pleinement à la ville, en tant que Souverain de celle-ci.


Écrits & Arts

Écrits

  • Grille Carte Vierge.png : Journal de bord d'un paria volontaire
  • Grille Carte Vierge.png : Cannibales.
  • Grille Livre et Plume.png : Le Curieux - TI.1 - Le Vermeil
  • Grille Livre et Plume.png : Le Curieux - TI.2 - Le Vermeil
  • Grille Livre et Plume.png : Le Curieux - TII.1 - Le Lunaire
  • Grille Livre et Plume.png : Le Curieux - TII.2 - Le Lunaire
  • Grille Livre.png : Pourquoi les animaux ?
  • Grille Livre.png : Pourquoi le désir ?
  • Grille Livre.png : Pourquoi l'amour ?
  • Grille Livre.png : Pourquoi la jalousie ?
  • Grille Livre.png : Pourquoi la marine ?
  • Grille Livre.png : Pourquoi la politique ?
  • Grille Livre.png : L'Esperien est Avare
  • Grille Livre et Plume.png : Mémoires d'un Renard - T1
  • Grille Livre et Plume.png : Mémoires d'un Renard - T2
  • Grille Livre et Plume.png : Mémoires d'un Renard - T3
  • Grille Papier.png : La Belle et le Chanceux

Peintures

"Brillance Lunaire", par Sergueitov.

"Brillance Lunaire" par Sergueitov Ivanovitch, premier dessin réalisé avec pour modèle le Manoir Lunaire.

Histoire

Chapitre 1 : La fin d'une belle vie.

Dessin au fusain signé Meauvent en bas de page

"AS TU AU MOINS VU LES PLANS ? HEIN ? ESPÈCE D'ABRUTI ! ET JE LA MET OU LA PORTE DE LA POTERNE MAINTENANT ? DANS LE JARDIN DE LA BOULANGÈRE ?"
Il faut croire que même dans l'ordre il y avait des incapables, c'était pas donné à tout le monde de lire un plan, mais quand même, ce mioche en avait vu des plans dans sa vie, et à l'aube de ses 63 ans, il arrivait quand même à forcer le respect chez ses ouvriers, hausser la voix n'était certes pas très pédagogique, mais il avait appris avec le temps que c'était sans doute le seul moyen pour eux de retenir de leurs erreurs. Et puis bon, sa méthode était la même que celle utilisée dans l'Ordre depuis le début : la peur des Abbus des organes disciplinaires, et c'est pour ça que ses ouvriers baissaient la tête quand il parlait. Au fond il les aimait bien, mais il détestait les voir idiots parce qu’ils ne se donnaient pas la peine de réfléchir.
"Il va falloir réparer vos conneries, pas question de démonter ce mur, on est en retard sur les horaires, je vais y réfléchir dans mon bureau."
Au fond il aimait ça, réparer les conneries, mais il ne fallait pas l'avouer. Résoudre les problèmes étaient la conclusion directe de ses études mathématiques. Les problèmes le fascinait, plus difficile était la résolution, plus il en tirait un plaisir malsain. Tout ne peut être parfait dans un chantier, les imprévus sont un quotidien indélébile de toute journée de travail, si tout se passait comme prévu, c'est que quelque chose clochait, c'est que ces ouvriers lui cachaient la faute. Il détestait ça, mais il ne pouvait pas leur en vouloir, c'est pour ça qu'il s’efforçait d'être le moins tyrannique possible. Un climat de confiance est la clef du respect, et quand ça marche pas, une bonne gueulante, comme ces dinosaures du Conseil des sage, ils faisaient pas grand chose à part radoter et critiquer le travail des autres. L'inutilité de la politique...
"Et si je déplaçais les poutres de soutien au mur ouest de 3 blocs vers le sud ? Voyons voir, mmmmmh, ah !"
Il gribouillait frénétiquement des calculs, un œil averti aurait remarqué les quelques torseurs statiques permettant de calculer les efforts soutenus par la structure.
"Et si on déplace le moment ici, on obtient .... Ah ben non... Ça se casse la gueule"
Il trouverait la solution, il le savait, il la trouvait toujours. Fallait pas s'en faire, enfin pas pour ça en tout cas.
Un messager arriva, un parchemin à la main, il le tendit au maître d'ouvrage,
"Ils me veulent quoi encore les croutons ?"
Il faut dire que Sergueitov n'a pas toujours eu un grand respect pour le Conseil des Sages, ils les répugnaient, il lui arrivait de le montrer, mais c'était quand même eux qui faisaient tourner la boutique, il n'était pas condescendant, quoique, sur le projet du triple donjon renforcé de douves à dragons d'huiles, il les avait un peu titillé, mais intelligemment. Enfin l’espérait-il.
"Merci mon garçon"
Inutile d’être méchant avec les disciples du gang des rabougris.
Sergueitov leva la tête vers le mur, les yeux écarquillés :
"C'est une blague c'est ça ? Par l'Arbitrio !"
Le sens de l'humour du Conseil des Sages avait toujours été légendaire.... ou pas.
A l'aube de ses 62 ans, Sergueitov bascula, il était à présent vieux, et ça n'allait pas s'arranger.


Chapitre 2 : C'était mieux avant.

C'était long, il essayait de rester éveillé, comme pratiquement tout le monde autour de cette table, en même temps quelle idée de faire des conseils aussi long...
On nominait les membres du Conseil des sages principalement grâce à leur âge, et si il aimait sentir autant de responsabilités sur ses épaules, elles n'en demeuraient pas moins lourdes, affreusement lourdes. Peu de personnes pouvaient se vanter de vivre aussi longtemps, sauf les gens autour de cette table. Sergueitov avait été nommé à l'age de 62 ans, plus de temps qu'il n'en faut pour nommer plusieurs Prime-Abbus.
Si tout l'Ordre jubilait à l'idée de se retrouver un jour au Conseil des sages, la réalité était qu'au moment où vous étiez dans cette assemblée, vous étiez vieux, rabougri, inutile à toute tâches physique et de qui plus est, aux portes de la mort.
Les quelques avantages que ça apporte, des meilleurs appartements, quelques serviteurs et du fromage en plus le soir. Pas de quoi jubiler.
Sergueitov se souvenait encore quand on l'avait nominé pour remplacer le défunt doyens précédent, il était sur ses plans, imaginant avec un de ses camarade ingénieur une porte dérobée aux yeux de tous, il l'avait vu quelque part, oui, mais où ?
"J'me rappelle plus, foutue mémoire."
Qu'est-ce que je disais, ah oui ! Il est vraiment trop vieux. Enfin bref, ils étaient comme ça les doyens du conseil des sages, ils nominaient d'autres doyens sans leur demander leurs avis, et pas question de refuser. L'Arbitrio exigeait un dévouement sans faille.
"Trop vieux, même pour ces chamailleries de vieux séniles."
Il était bien à l'époque dans l'aile érudite, il pouvait s'adonner aux sciences militaires, mais plutôt défensives. Protéger son Ordre, ça, c'était sa vocation.
Non pas qu'il n'ai pas participé à la construction de quelques autres édifices, il le faisait avec plaisir à cette époque, on ne pouvait pas construire des fortifications partout.
"Oh, c'est déjà fini ?"
Il sortait de la salle de l'assemblée, il s'obligeait, malgré ses trois quarts de siècle passé, à faire de l'exercice régulièrement, renforcer son cœur, le secret de sa longévité et si beaucoup de doyens se faisaient aider par leurs disciples, il pouvait se vanter de rentrer jusqu'à ses appartements seul.
Malgré son changement de métier, il n'en demeurait pas fidèle à son premier amour et se tenait informé de toutes les nouvelles avancées en matière de construction, grâce à des contacts dans différentes citées, d'autres maîtres d'ouvrages, qui eux, étaient autorisés à innover.
La politique était si fatigante, si morne, si vide à ses yeux, l'impression de ne pouvoir construire que des idées cassaient son amour du palpable, de la magnificence d'un mur de 60 mètres de haut, avec ses créneaux disposés de façon optimale, son épaisseur de 9 mètres, ses meurtrières et une longueur de plus de 600 mètres. Il pouvait rester la, au pied de celui ci, pendant des heures, à imaginer qui du roc brut ou de la pierre taillée serait le plus adapté.
La nuit approchait, il fallait à présent dormir, demain il y avait une autre réunion sur si oui ou non, il fallait... euh, quoi déjà ?
"Je m'en rappelle plus non plus, on verra ça demain."
Oui c'est ça, on verra demain, bonne nuit !


Chapitre 3 : Les vieilles rancunes ont la vie dure.

La réunion interminable de cette semaine était terminée depuis quelques heures. Élire un nouveau Sage, c'était le 3e cette année qui mourrait dans des circonstances accidentelles, il glissait dans les escaliers, un autre empoisonné par du fromage mal vieilli, c'était de pire en pire, mais si il se persuadait du contraire, son caractère l’empêchait de le reconnaître. 77 ans, et il marchait encore et toujours tout seul, il n'aurait pas d'accidents aussi débiles lui, il avait pratiquement doublés ses exercices physiques pour se maintenir en forme. Il en souffrait, mais il tiendrait.
Sergueitov s'était donné pour but de tous les enterrer, un par un, ceux qui l'avait envoyé dans cette assemblée du Conseil des Sages. Il savait que c'était puérile et futile, au fond de lui, il ne le voulait pas vraiment, mais les défis et les objectifs l'ont toujours gardé en alerte et en forme. Il avait appris que c'était son ancien disciple-ouvrier qui avait reprit les rênes de maître d’œuvre.
"Je l'aime bien ce petit, il fera du bon boulot, pour sûr !"
Le vieux sage lui avait d’ailleurs transmit ces deux secret de longévité, il lui avait même parlé de ce petit défi qu'il s'était fixé !
Il savait que ça ne coutait rien et il espérait que ça l'aiderait pour la suite. Sergueitov n'avait guère eu de descendants, la vie pieuse, ça demande des sacrés sacrifices. Ce petit était ce qui se rapprochait le plus de son fils, mais il ne regrettait rien, c'était la volonté de l'Arbitrio. Être un Abbus.
Ce petit ira loin, enfin il le pourrait si il ne se consacrait pas autant à l’œnologie avec tant d'ardeur. Après tout on avait tous nos petits défauts, d'ailleurs il tenait ça de lui.
Il paraitrait que l'alcool permet de conserver le corps.
"C'pour ça que je suis pas encore mort, ahah."
Il pourrait peut être faire un tour à la taverne ce soir, ce sentir moins seul, cette dernière réunion sur la légalisation de la vente d'esclave l'avait un peu énervé, mais c'était passé, tant pis, de toute façon il était trop vieux pour pouvoir voir les conséquences de cette loi.
Les hommes des phalanges pourpres de Laggenau ne rôdaient pas souvent du côté de l'aile politique, et pourtant ils se tenaient là, devant Sergueitov. Le chef du groupement de 5 hommes se détacha du groupe, regardant le vieux sage droit dans les yeux :
"Sage Sergueitov, veuillez nous suivre je vous prie."
La surprise se lut dans les yeux du vieil Abbus, jamais il ne s'était fait aborder par les hommes de la phalange pourpre, ces types travaillaient pour lui en quelque sorte, et pourtant il n'avait jamais eu envie de les voir. Il suivi, sans broncher, deux gardes dans le dos, deux sur les cotés et le chef du groupement devant lui, jamais il n'avait eu pareille escorte dans sa carrière.
"Une affaire urgente capitaine ?"
Le chef ne daigna pas lâcher la route du regard, ils se dirigeaient vers l'assemblée, aucun doute possible.
"Oui, c'est exactement ça."
Les portes s'ouvrirent, tous étaient là, à le regarder, c'était la deuxième fois que Sergueitov rentrait par la porte principale, la première fois c'était pour sa nomination au Conseil des sages.
Le chef de l'escorte lui indiqua où s'assoir, ce n'était pas la place des juges.
Le sage présidant l'assemblée se leva :
"Abbus Sergueitov, Sage du Conseil des Sages de l'ordre des phalangistes, vous êtes ici car vous avez été déclaré coupables de trahison envers votre Ordre"
C'est à ce moment précis que Sergueitov senti son âge appuyer sur ses genoux, il se senti tressaillir, mais sans bredouiller il répondit :
"Calomnies ? D'où sortez-vous pareilles âneries ? Qu'est-ce que cette mascarade ?"
La voix du doyen suprême se faisait rauque :
"Votre ancien disciple a confié dans un bar que vous souhaitiez notre mort à tous, et que vous ne viviez que dans ce but ! Nous avons de nombreux témoins, et il a avoué sous serment, nous sommes à présents certains que la mort de nos confrères ne sont pas accidentelles."
L'ancien maître d’œuvre regarda son bourreau la bouche bée, abasourdi.
"Nous ne pouvons vous abattre, mais vous finirez vos jours comme esclave dans les contrées avoisinantes. Hommes de la phalange pourpre ! Emmenez ce traître à ses nouveaux quartiers, en attendant que son bateau arrive !"
Un vieil homme dans la cale d'un bateau en direction d'un nouveau monde...
Survivra-t-il dans le bateau en direction d'Esperia ?


Chapitre 4 : L’esclavage, ou la lutte d’un ancien.

Dessin au fusain signé Meauvent en bas de page

Le bateau avait été si long... Sergueitov n’avait jamais vraiment aimer le bateau, un estomac fragile qui ne supportait que de moins en moins les déferlantes incessantes des vagues sur la coque du navire esclavagiste.
Personne ne parlait, les autres arrivants étaient assis sur leurs paillasses, grattant les puces qui semblaient être installé dans la paille depuis bien longtemps.

Combien étaient-ils déjà ?

" J’en compte 6, il y a un homme à allure de marin à ma gauche, un blond à barbe en face de moi, j’aperçois aussi deux moines phalangistes, les bures crasseuses et déchirées, comme la mienne mais pas de la même couleur. Il y en a deux autres aussi je crois, mais je n’arrive pas à les reconnaître, ils doivent être morts à l’heure actuelle. "

Voilà, donc 7 en comptant l’ancien.

Les vagues déferlaient donc, enfin relativement à ce que ressentait l’estomac du vieil esclave, du moins. Arrivés finalement à terre, la cohue emplissait déjà l’environnement ambiant, une cinquantaine de personnes parlaient, discutaient, s’insultaient…. Ils attendaient tous une chose. Et lui, Il attendait dans une cage, en compagnie des autres, qui partaient les uns après les autres, vendus comme de vulgaires meubles, en fonction de ce qu’ils savaient faire et de leurs origines. Il ne restait plus que lui. La bourrue qui menait les enchères l’appela, il monta les marches vers l’estrade de ventre, cette vitrine grossière ou les habitants les achetaient comme de simple bouts de viande sur un étal.

Qu’avait dit l’esclavagiste à ce moment-là déjà ?

" Elle avait dit : Je vous ai gardé le meilleur pour la fin, et pendant que les autres se moquaient de ma condition physique et de mon âge, elle ajouta : un maître d’ouvrage. "

Bien vu, et c’est donc à ce moment précis que les enchères débutèrent. Sergueitov fut donc acheté par un homme très imposant, avec une grande moustache et une forte personnalité. Il lui avait parlé, ces premières paroles furent :

Hum…. De l’aide ?

" Tu vas me rendre riche, c’était sa ses premières paroles."

Merci, et c’est donc ce que fit Sergueitov pour son nouveau maître, essayer de le rendre riche, il le servi jour après jour, peu importe les demandes, dans une loyauté indéfectible. Son maître l’avait mis dans une chambre, confortable, à l’abri du froid et de la crasse. C’est sans doute la raison pour laquelle il survécut à cette période. Et il continua, sans relâche à sa tâche, servant du mieux qu’il pouvait, s’occupant de toutes les tâches que lui demandait sa famille d’accueil, Ah oui, nous n’avons pas parlé de sa famille d’accueil. Sergueitov n’a jamais sût si c’était à cause de son âge ou de ce qu’il faisait, mais les dames qu’il servait étaient… Gentilles ? Tu es certain que c’est ce dont tu te souviens ?

" Oui, je ne me souviens pas avoir été mal traité... Pas par elles en tout cas, de toute façon je ne les voyais que peu à l’époque. "

Après plusieurs semaines de services intensifs et loyaux, le maître rompit ses chaines d’un coup de hache, qui aurait sans doute pu tourner au drame s’il n’avait pas visé aussi bien. Il lui avait dit après que les chaînes soient au sol :

" Je ne veux plus que tu travailles pour moi, je veux que tu travailles avec moi. C’est ce qu’il avait dit, je m’en souviendrais toujours, même après avoir oublié mon nom, je ne l’oublierais pas. Jamais. "


Chapitre 5 : Un vieil arbre ne peut être replanté sans arracher ses vieilles racines.

Ce comportement avait un nom, celui qui décrit une personne qui finit par s'attacher à ses tortionnaires comme si il s'agissait de sa propre famille. Ça à pas un nom ?

"Mmmh, je pourrais écrire quelque chose à ce sujet un jour."

Peu importe, c'est ce qui tomba sur Sergueitov une fois libéré de ses chaînes, et quand il avait le choix pour aller retrouver les siens, il ne put pas. Il ne pouvait pas les abandonner, il ne pouvait pas rompre ce serment qu'il s'était fait à lui même.
Et quand on lui avait proposé de rejoindre cette même famille qui, un couple de semaines auparavant l'avait acheter comme un vulgaire meuble, il n'eut nul besoin de réfléchir. Une bonne idée ? Sans doute pas au premier abord, mais c'est ce qui se faisait sur cette étrange île, après s'être servis des gens comme larbins, on les adoptaient et on en faisait son propre frère.

Il avait établi nombre de projets, et avant même qu'il eu le temps de finir les plans de son commerce, il état déjà submergé de commandes, ne dormant que trop peu la nuit au profit du plaisir de rendre service au gens, dans la mesure de ses capacités.
Son travail n'était plus la seule chose qu'il avait, il avait à présent une famille, des amis...

" Esperia, là ou un esclave a un espoir d'avenir plus radieux qu'avant sa mise en esclavage."

En effet, même si avant il vivait plus confortablement, plus sainement, il vivait aussi plus reclus sur lui même, pas d'enfant, pas de femme, pas de famille, juste un apprenti qui l'avait trahit.
Via la famille il avait même réussi à obtenir le titre de maître au près des nouveaux esclaves, il avait été conciliant au début, les traitant comme des humains...

" J'ai essayé, vraiment, mais ces idiots n'avait plus aucun respect, ni pour moi, ni pour les dames de ma famille. Beaucoup disparaissaient du jour au lendemain, c'était intenable. Non la seule solution...."

C'était de se comporter comme un maître, froid et méprisant, garder les choses au clair sur leurs statuts. Il fallait s'adapter, et ce masque qu'il portait lui permettait de les tenir en laisse. Un jour peut être, ils le remercieront comme il avait remercié son maître à son époque.

Les plans, les chantiers, les repas familiaux, les chantiers, les plans, les repas familiaux; les jours s'enchaînaient. Il priait toujours Arbitrio, parce qu’il était persuadé que si il vivait encore, c'était parce que quelqu'un le lui permettait.

" Peut être n'ai-je pas achevé ma route, peut être que j'ai encore un rôle qu'il m’a destiné. Que veux-tu de moi Arbitrio ?"

Devait-il abandonner ses intérêts personnels et familiaux au profit de quelque chose de plus grand ?

Chapitre 6 : Une famille de sang improbable.

Dessin au fusain signé Meauvent en bas de page

Finalement, il avait eu sa réponse concernant sa destinée, après avoir atteint certains monts de la petite ville Esperienne, il finit par trouver une bonne raison de vivre, et la meilleure : Une famille de sang.

Les familles esperiennes n’étaient que des mensonges au profit de l’ambition de chacun, tout le monde y trouvait son compte, et quand ce n’était plus le cas la famille Esperienne volait en éclats. Dans ces moments il ne reste plus grand chose, sinon la solitude et le goût amer de la loyauté interessée et donc ephémère.

" Heureusement, elles sont là maintenant."

Exactement, il avait en effet terminé par rencontrer deux autres femmes, mais elles n’étaient pas comme les autres personnes, elles ne venaient pas vers lui pour une quelconque ambition ou pour lui soutirer le peu qui lui restait. Il rencontra dans un premier temps celle qu’il allait adopter, une jeune fille adorable qui n’avait jamais vraiment eu de père et qui semblait un peu perdue dans ses choix. Elle avait cependant un très bon fond, elle était douce et bienveillante, chose que peu de personnes semblaient voir comme lui il le voyait. Il semblait ne pas y avoir porté attention alors qu’elle avait les chaînes, mais qu’y pouvait-il ? Il avait décidé de s’en occuper comme l’enfant qu’il n’avait jamais eu, de lui assurer un meilleur avenir en l’orientant vers des choix judicieux.

" Ma petite Giulia, mon incroyable fille..."

Puis il avait rencontré une autre dame, ou plutôt il était tombé entre ses douces griffes. Une jeune rousse à chaînes à qui il avait accordé quelques minutes de son temps sur les marches de la librairie, alors qu’elle écrivait son tout premier ouvrage. Il ne lui avait pas porté plus d’attention que ça, les esclaves on les voit sans les voir vraiment, ce ne sont que des meubles après tout, mais elle l’avait vu lui, et dés sa libération, elle lui tendit le piège qui allait bouleverser le reste de sa longue existence. Il lui proposa la gestion de sa librairie et contre toute attente, elle accepta dans ses termes. Un esprit ascéré, la femme la plus intelligente qu’on lui ai donné l’occasion de voir. Et sans s’en rendre compte, il tomba dans ses charmes. Et vice versa d’ailleurs.

" Puis après m’être fait jeté de ma famille et de mon manoir par l’autre hystérique, je me marriais avec cette superbe créature et nous emenagions dans le plus beau manoir d’Esperia. Dommage que ça ne soit pas moi qui l’ai construit d’ailleurs."

Le vieil homme vivait sa vie tranquillement, continuant de servir sans relâche la ville, sans demander la moindre rémunération ou reconnaissance, juste le plaisir de voir les choses avancer et de rendre service au peuple de la ville. Il prodiguait des conseils à ceux qui venaient lui demander, il continuait de gérer l’économie, l’urbanisme et la banque avec régularité et honnêteté. Il avait une vraie famille maintenant, la vie était enfin paisible.

Chapitre 7 : Un enchaînement de circonstances..

Il y a bien des choses qu’il avait pu prévoir au cours de son existence, des choses qu’il avait planifié minutieusement pour arriver à ses fins mais aussi pour aider ses proches. Il arrivait assez facilement à préparer les choses en avance : Le but n’était pas de se préparer pour forcer le destin, mais de préparer son échiquier et de saisir les opportunités. Sa patience lui avait permis de se placer correctement après un an. Il ne voulait guère plus qu’être un homme de l’ombre, une de ces personnes qu’on ne remarque pas forcément mais qui survivent aux changements. En voyant le gouvernement tourner un peu au ralenti avec la grossesse de la reine et la préparation de son mariage, il s’était dit qu’il pourrait aider, au moins temporairement. Il y avait toujours les petits complotistes futiles en ville qui avaient juste assez de courage pour écrire des affiches place centrale, mais la ville était en paix, tout allait bien et les projets ne cessaient de fleurir en ville. Il proposa donc au chevalier de prendre sa place, temporairement le temps qu’il fasse le deuil de son épouse, ainsi il y aurait toujours quelqu’un aux commandes de la ville le temps que cette petite période passe et qu’il puisse reprendre ses attributions.

Ce qu’il n’avait pas prévu par contre, c’était la tragédie de la mort de celle qu’il considérait comme sa plus proche amie depuis bientôt un an. La reine était morte en donnant la vie, donnant ainsi un coup de pied dans les plans des comploteurs pour le trône.

Le Quartier Ouest et Rivelame se déclarèrent la guerre, Rivelame disait le faire pour protéger le trône des comploteurs de l’Ouest, et l’Ouest disait le faire pour nettoyer la ville des Ligs et des Qadjarides. Au milieu de tout ça, l’ancien abbus se retrouva catapulté à la tête de la ville le temps des prochaines élections, avec un conflit à régler où il y aurait forcément un perdant. Contre toute attente, ce fut lui-même : le dirigeant du Quartier Ouest le tint pour responsable de l’affaire alors qu’il avait tout fait pour l’aider, lui rendant son quartier, allant dans son sens et le protégeant alors qu’il ne lui devait rien, et celui de Rivelame le prit pour un traître alors qu’aucune parole n’avait été donnée. Un homme sage n’aurai jamais cautionné une attaque de cette envergure, cela allait de soi, l’action était bien trop stupide et mal réfléchie.

Il aurait dû faire mener une enquête par des gens de confiance pour tirer toute l’affaire au clair, mais il avait pris parti de laisser la main à des personnes reconnues par tous pour leur impartialité. Celles ci s’occupèrent donc entièrement de l’enquête et du jugement de toute l’affaire ou il apposa simplement son accord. De son côté, il devait rétablir l’ordre dans la ville : pour cela le conseil restreint devait se tenir au plus vite, histoire de calmer les furies des personnes avides de pouvoir et de rétablir la paix en ville.

Parmis ces personnes se trouvait celle qu’il considérait autrefois comme une amie de confiance, il avait habité avec elle après tout. Néanmoins, elle l’avait déçue par son avidité : elle avait déclaré vouloir la couronne sur sa tête alors qu’ils étaient autour du cadavre encore chaud de la défunte reine. Elle avait passé un cap de plus peu après, en menaçant d’une dague sous la gorge l’épouse de Sergueitov, menaçant aussi sa fille qui portaient un enfant, pour obtenir ce qu’elle voulait de lui.

Tout comme elle, les gens autour de lui commençaient à montrer leur vrai visage, et il se devait par devoir envers la ville et en mémoire de l’ancienne reine de faire tout ce qu’il pouvait pour que ces personnes ne gagnent pas et ne fassent pas sombrer la ville par la même occasion. Sur les conseils de ses proches, il se fit élire Souverain légitime d’Esperia à 9 voix sur 11.

Tout aurait dû en rester là et la ville aurait dû se calmer là dessus, un nouveau souverain qui avait donné pour directives de rétablir l’ordre, dans la continuité des actions en oeuvre lors de la mort de la reine.

Malheureusement, la situation dérapa très vite : des personnes en charge de la justice sur cette affaire avaient conclu sur l’execution de deux comploteurs contre la couronne. Des incendies avait eu lieu le soir de l’execution, dans le but de faire diversion pour faire échapper les prisonniers. Les mêmes personnes qui l’avaient aidé et élu quelques soirs plus tôt décidèrent alors d’organiser un conseil restreint pour prendre sa place. Lui passait sa soirée chez lui, au manoir, n’avaient même pas été informé de quoi que ce soit. Toutes les personnes qui se réunissaient pour le détrôner n’avaient que faire de sa version des choses, du pourquoi, et de savoir si il était bien coupable de quoi que ce soit. Plutôt que d’éteindre les incendies, de réfléchir et condamner les coupables de ceux-ci, ils condamnèrent le gouvernement sans lui laisser le temps de régler la situation, alors que la ville était encore en flamme.

Sergueitov apprit après le jour de l’execution que l’un des condamnés avait menacé de tuer sa femme si il lui arrivait malheur par le biais de son équipage. Avec ceci en plus des précédantes menaces, ils n’étaient plus en sécurité nul part. Il était trop tard pour faire quoi que ce soit, et tous ceux à qui il faisait confiance avaient retourné leurs vestes subitement sans raison, attirés par le pouvoir et leur vanité. Sachant qu’il ne pouvait plus garantir aucune protection à son aimée, il s’exprima ainsi :

" Des opportunistes, je refuse qu’il arrive quoi que ce soit à ma femme et que cette île de parias soit notre dernière demeure."

Ils s’exilèrent donc de force, trahis et désabusés. Ils firent face à l’étendue bleue infinie, un royaume de la taille d’un petit village encore fumant dans leur dos, de nouvelles perspectives à l’horizon.


Chapitre 8 : Retour aux sources.

Dessin au fusain signé Meauvent en bas de page

Après 4 jours de voyage un peu laborieux et des vivres amenuisées, le couple arriva à Fort Lointain, cet endroit familier où ils étaient passés tous les deux il y a quelques temps. Personne ne se souvenait d’eux avec des chaînes, qui porte attention aux esclaves de toute manière ? Il était inutile d’essayer de rallier l’ancien monde avec ce navire, ils avaient réussi à tenir le cap vers Fort Lointain mais ça n’irait pas plus loin. Ils achetèrent la traversée vers la capitale en échange du Magnanime à un esclavagiste qui venait vendre sa marchandise à Gwylonna. Il allait sans doute remorquer le navire et le vendre là bas, il en tirerait un bon prix c’est certain. De toute manière un navire ne serait d’aucune utilité là où ils allaient, c’était un bon moyen de s’en débarrasser. Le trajet n’était pas confortable bien qu’ils occupèrent la cabine du second, mais l’esclavagiste trop content de sa transaction restait serviable et ils ne manquèrent de rien pendant la traversée.

Arrivés enfin à l’immense capitale, ils firent du change à une des banques de Hugues Atelin, l’ancien employeur de Sergueitov à la banque d’Esperia à qui il avait écrit auparavant.

Le couple se trouva ensuite une caravane marchande qui allait en direction de leur destination. Ils auraient pu acheter une charette et de quoi la tracter, et partir tous les deux, ils en avaient les moyens, mais c’était se priver de l’avantage principal de voyager avec des marchands : ils étaient continuellement escortés de mercenaires pour protéger leur précieuse cargaison. Le trajet en charette était long, mais les marchands étaient bavards et à l’écoute des anecdotes sur le petit village au large qui était peuplé d’anciens esclaves. Après ce qui paraissait comme un mois de trajet, le couple Ivanovitch arriva enfin à Roskilde et en bonne santé. Roskilde était une belle ville : le siège de la foi phalangiste et monachiste, un endroit parfait en somme pour le couple d’origine Hura et Adaarion qui pouvaient vivre sans se sentir étrangers.

Sergueitov avait une petite soeur : Lyudmila Ivanovitch Ienotova qui vivait à Roskilde depuis très longtemps. Elle devait avoir dans les 57 années maintenant, c’était une femme très pieuse et elle n’avait jamais réussi à avoir de mari. Autant dire ce qui était, elle était invivable pour les hommes, et ça ne s’arrangeait pas avec l’âge.

Ils trouvèrent Lyudmila qui vivait encore dans la maison de leur défunte mère, comme il s’y attendait. C’était une maison humble mais relativement grande pour acceuillir le couple, mais le vieil homme n’avait pas pour ambition de laisser son épouse occuper un foyer qui n’était pas vraiment le sien, elle méritait mieux. Aussi il se remit au travail, le travail d’architecte payait bien quand on était travailleur, la concurrence était plus rude qu’à Esperia vu qu’ils étaient nombreux, mais la mise en avant de son origine de bâtisseur à Odense qui n’était plus à prouver et l’expérience acquise sur la petite île lui faisait bonne réputation assez rapidement, il avait trouvé un apprenti qu’il formait pour le remplacer sur les chantiers, c’était la partie épuisante du travail. Son épouse trouva rapidement sa place aussi, la qualité de son travail n’était pas non plus à prouver et ses initiatives ainsi que son ambition finirent par payer. Il ne faut pas se voiler la face, la somme coquette qu’ils avaient gardé et changé en monnaie locale à la capitale avait bien aidé pour débuter rapidement la construction d’un foyer à Roskilde.

Le vieil architecte regarda la couronne et le diadème de son épouse marqués d’un “ë” avec nostalgie au coin du feu. Il souffla par le nez en pensant à sa fille, puis regarda son épouse qui était en train d’écrire une lettre pour cette dernière.

" Au moins avec elle ça sera lisible."

Il emmitoufla les deux objets délicatement dans une cape et rangea cette dernière au fond du tiroir du bas de la commode du salon. Il alla s’installer aux côtés de sa petite soeur en lui adressant un bref sourire et il sortit sa pipe en daviel ouvragée. Il ne fumait toujours pas mais l’aspect lui plaisait et ça lui rappelait des souvenirs.

" On est quand même bien chez soi."

Trivia

Nouveau personnage : Strygwyr Kolskeggur
Lien vers la candidature Ancien MJ du 1er avril.